Dans cette bande de ouf, tu retrouves Johnny Thunders à la guitare (avant qu’il ne fasse sa célèbre formation "Johnny Thunders & The Heartbreakers" avec le bassiste de Television), David Johansen au chant, Sylvain Sylvain à la deuxième guitare (cousin du grand couturier américain Isaac Mizrahi), Jerry Nolan à la batterie et Arthur Kane à la basse. Bien sûr, ils étaient en platform boots et ne manquaient jamais l’occasion de mettre le bordel quand ils passaient à une douane ou qu’ils se faisaient contrôler par des policiers qui avaient bien du mal à distinguer les musiciens d’une bande de prostitués complètement givrées. C’est ce qu’ils cherchaient les New York Dolls : se faire repérer en mettant à mal les conventions. Mais (et c’est notable) là où les Sex Pistols tentèrent un auto-sacrifice « de l’intérieur » en emportant le fashion et les médias avec eux sans aucune conscience politique, les Dolls essayèrent de tout expulser vers l’extérieur dans un surplus de vie en nous rejetant nos concepts. Qu’est-ce qu’être une femme ? Qu’est-ce qu’être un homme ? Comment définir l’Amérique ? Où est le Bien ? Le Mal ? D’où vient la drogue ? Les Dolls c’est une espèce d’anti-concept en action. Partout où l’esprit cherche un point d’ancrage, une «étiquette » à apposer, ces musiciens balançaient la sauce à coup de riffs inaudibles et de morceaux « classés X » : « Pills », « Personnality Crisis », « Vietnamese Baby », « Frankenstein » « I’m Looking for a Kiss », autant de morceaux où le rock’n roll se mélange au glam et au punk dans une sauce barbecue à 4h du matin sur Manhattan. En 1991, Thunders nous quittera dans une overdose d’héro, Nolan le batteur sera emporté d’une pneumonie un an plus tard et Kane se convertira à la religion mormon en 1989. A côté, les Libertines c’est de la gnognotte pour bébés lapins…
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