Interview:
A l'occasion de la sortie d'une compilation best-of de ses hauts faits d'armes chez les Sex Pistols et Public Image Limited, ce grand provocateur britannique revient sur 30 ans de musique.
L'occasion de dégommer bon nombre de clichés et de multiplier les surprises - John Lydon aimait Yes, les Bee Gees et Justin Timberlake et on n'en savait rien!
"J'aimais les Bee Gees", assure Johnny Le Pourri, 50 ans cette année, ponctuant ses déclarations de bordées d'injures. "Putain de chiottes, je parle pas de "Staying Alive", non, je parle des grands Bee Gees des débuts, toutes ces chansons énormes parlant de désastres miniers."
Justin Timberlake ? "Un bon chanteur", qui a "du talent" et "travaille dur", assure le chantre du punk. Il y pense même pour incarner son propre personnage dans un film qu'il prépare sur sa vie.
Peu d'artistes et d'humains trouvent grâce à ses yeux, mais Johnny "Rotten" Lydon distribue ici une poignée d'autres bons points: Marc Almond - "un petit garçon idiot mais brave" -, Elton John - "chère vieille chose, un bon gars, je le défendrais à mort" -, The Small Faces - "ils étaient grands, surtout en concert, ils avaient cette énergie fantastique", mais aussi les faux punks pop de Offspring.
Bien sûr, le John ne mâche toujours pas ses mots et les coups de griffe sont légion, à commencer par "l'escroquerie" Janet Jackson en playback sur scène, mais aussi Bob Geldof, Coldplay - "on a envie d'une pop agile, pas de ces tessitures stériles" et l'ancien manager des Sex Pistols Malcolm McLaren - "Il me fait pitié, on dirait une vieille dame triste. Il est devenu amer, truc à éviter absolument".
Plus étonnant, Nirvana en prend aussi pour son grade - "Nevermind d'accord, mais où sont les bollocks, mec ? Nirvana était un groupe folk" - ainsi que Kurt Cobain - "A mon avis, il s'est suicidé de honte, c'était tout à fait le genre de mec à faire ça."
Mais le vieux renard n'épargne pas plus le punk - "Qui reste ? Qui s'accroche à ces débris pathétiques ?" - que l'industrie du disque - "ça puait déjà le fric avant, désormais c'est au niveau de l'usine à soupe".
Quant à sa lucidité, elle est aussi aiguisée concernant la famille royale trente ans après l'hymne "God Save the Queen" - "Je ne suis pas leur sujet, ils sont les miens (...) On dirait une expérience zoologique" - que sur lui même et ses fausses ratiches de vieux cheval, que certains aimeraient encore "coincer sur un parking" pour lui "coller une brique derrière le crâne."
John Lydon se fout des Green Day:
“Des punks eux? Des ploucs oui !“. John Lydon considère que Green Day sont bien loin des canons du mouvement punk et le fait savoir, un peu violemment certes, mais c'est le coeur qui a parlé.
“Ne venez pas me dire qu'ils sont punk. Ils ont pris le train en marche, et ca m'énerve de voir une bande de branleurs récupérer nos idées comme s'ils les avaient inventées. Et puis s'ils étaient vraiment des punks, ils n'auraient pas ce look.“












Lydon a au moins le mérite de détester le fanatisme sous toutes ses formes. Il faut juger les gens à ce qu'ils font et non aux fringues qu'ils portent.
Pour ma part, je trouve que Lydon est un bon musicien et dit beaucoup de choses justes (en matière d'éducation, de politique, de responsabilité, etc...) mais qu'il a tout faux en matière de musique. A l'entre les Pistols et Pil ont tout inventé et les autres n'ont fait que suivre. Désolé, les Pistols n'ont rien inventé, c'était un bon groupe de rock qui tient encore la route aujourd'hui, mais la musique n'avait rien d'originale. Les Stooges, les Ramones, et autres "Blank Generation" étaient déjà là avant eux.
Et puis la musique s'écoute avec les oreilles. Je me fiche bien qu'un groupe soit sur une major ou un label indépendant, me fiche bien de savoir pour qui ils votent, s'ils datent de 1960 ou 2010. Si j'aime leur musique, le reste n'a pas d'importance.