c'est un de mes groupes preferés alors un peu de respect:
À chaque fois que l’on demande aux groupes de streetpunk actuels de citer leurs influences, tu peux parier qu’à côté de groupes comme les SHAM 59, THE LURKERS et COCK SPARRER apparaîtra les SLAUGHTER AND THE DOGS.
Ces légendes se sont formées au début de l’année 76 à Wythenshawe près de Manchester. Le groupe était composé de potes d’école: Mick Rossi (guitare) et Wayne Barrat (chant). Leur nom vient de leurs plus grandes influences: Mick Rosson, "Slaughter on 10th Avenue" et Bowie "Diamond Dogs". Avec leur bassiste Howard "Zip" Bates et le batteur Brian "Mad Muffet" Grantham, ils jouent aux alentours de Manchester avant d’obtenir la première partie des SEX PISTOLS au Manchester Lesser Free Trade Hall le 20 juillet 1976. Ils mènent la charge du Manchester New Wave Brigade (avec les BUZZCOCKS, THE DRONES, THE FALL...)et leurs premiers concerts londoniens arrivent rapidement, ils jouent à nouveau en première partie des SEX PISTOLS et des DAMNED à la fin des années 76. Ils furent enregistrés au légendaire Roxy Club pour la compilation "Live at the Roxy" avec les titres "Runaway" et "Boston Babies" qui ont marqué le mouvement punk.
Le groupe avait deux buts quand ils ont commencé comme l’a expliqué Wayne Barrat: "Premièrement, nous étions les seuls à dire parmi les autres groupes punk que nous voulions être des stars! Les autres groupes se disaient "No Future" et nous, "Hey on peut être des rocks stars du punk" ce qui n’était pas très bien vu à l’époque. Nous voulions être comme Bowie, comme KISS et aujourd’hui le type qui me dit, les yeux dans les yeux, qu’il ne veut pas être une star est un menteur. Tous les artistes sont narcissiques, ils sont tous là à se montrer connement.
Et, deuxièmement, SLAUGHTER n’était pas un groupe de garage mais un groupe de street, un vrai. Nous étions tous des anciens détenus parés d’un bon casier judiciaire, c’est pourquoi nous voulions montrer aux jeunes qu’avec un petit peu de boulot, on peut sortir de la merde. Nous étions fiers de faire connaître notre ville avec les BUZZCOCKS et WARSAW et d’autres groupes encore... Nous apportions notre contribution à la scène de Manchester et je suis très fier de ça."
Mais, n’étant pas de Londres, les SLAUGHTER n’ont jamais eu de très bonnes relations avec la presse. Wayne Barrat s’en explique: "Nous étions de Manchester et très chauvins. C’est pour cette raison que nous avons décidé de quitter Londres et ses médias. Tout ce que disait la presse à propos du punk était faux. Les journalistes avaient juste besoin de quelque chose à vendre. Je me souviens de Sid Vicious au Roxy, les journalistes lui payaient à boire au bar, il commençait à se battre, le photographe prenait sa photo et ils avaient leur histoire. Mais, ça n’était pas du tout la réalité. Le public était chaud mais pas violent. Je pense qu’il y a plus de violence aujourd’hui aux concerts. Bien sûr, il y avait des bastons ça et là mais rien de bien méchant."
Avant le "Live at the Roxy", les SLAUGHTER avaient signé sur Rabid Records, label basé sur Manchester, qui avait été impressionné par le rock’n’roll furieux du guitariste Mick Rossi et par le jeu de scène et l’extravagance de Wayne Barrat et, le 16 mai 1977, ils réalisent leur premier 45, "Cranked Up Really High / The Bitch", et la presse les surnomma "les maîtres du talc punk": Barrat en utilisait à chaque concert! Comme Wayne Barrat le rappelle "Nous en étions toujours aux trucs du Roxy et de Bowie et nous n’avions aucune idée de ce qu’était le punk! Pendant que nous enregistrions notre 7", notre producteur a dit: "Mais c’est du punk rock!" Nous ne savions pas ce qu’il voulait dire, nous étions seulement des jeunes qui ne savaient pas joué de leur instrument, ça n’était pas du tout notre but d’être punk. Je suppose que nous avons été pris par ce mouvement parce que nous étions jeunes. Nous jouions un truc comme "Waiting For My man" avec un Marshall, de la distorsion, nos tripes et de la haine, avec aussi l’envie de dire "Regardez-moi, j’existe". C’était toujours agressif. Le seul punk que nous connaissions était IGGY POP, j’ai toujours voulu être son fils! Il avait vraiment le truc, genre se couvrir de beurre, de cacahuètes, pas un truc à la Garry Gliter."
Decca Rcds les démarcha afin qu’ils signent sur leur label, et la première production de cette coopération sortit en septembre 1977 "Where Have All The Boot Boys Gone / You’re A Bore" qui fut pressé en 7" et en maxi et pour lequel fut fait une vidéo promo. Si la chanson "Where Have All The Boot Boys Gone" est perçue aujourd’hui comme un classique du streetpunk, elle plongea les SLAUGHTER dans les problèmes, concerts après concerts. Le groupe fut frappé de plein par le contrecoup de la seconde vague punk. Elle avait été écrite par Wayne Barrat et racontait une période de sa vie, en 1972, lorsqu’il était skinhead, supporter du Manchester United. Wayne: "À cette époque il y avait de la violence dans les stades mais pas du tout de politique. Durant les derniers concerts de SLAUGHTER, il y avait ces gros skinheads racistes qui venaient avec le tatouage de SLAUGHTER à côté d’un "Sieg Heil". Je suis juif et religieux et j’allais les voir, je leur disais "Hey, vous êtes tarés, vous venez à un concert pour faire des Sieg Heil?". SHAM 69 a eu le même genre de problèmes avec le National Front. Mais ce fut même pire pour nous. SHAM avait tout un tas de chansons qui parlaient de choses auxquelles les skins pouvaient se référer, alors que nous n’avions que "Bootboy" qui pouvait être considéré comme un tube pour les skins. Il faut comprendre qu’en 1972, un bootboy était une espèce de skin, mais pas un skin à la manière 79, c’était totalement différent. J’étais vraiment heureux quand j’ai quitté le groupe et cette relation Slaughter / skinheads. Je n’ai jamais été dans ce truc skin nazi!"
La chanson "Where..." finit sur la compilation "Oi! The Album", ce qui ne fit pas très plaisir au groupe comme l’explique Wayne: "Il y a quelques groupes que je n’aime pas politiquement sur cette compilation. Il faut comprendre quelque chose, la musique n’était pas là pour faire passer des messages politiques, c’est fait pour s’échapper, pour faire rêver. Mes chansons, c’était des histoires, des histoires personnelles, rein de politique. Je garde mes opinions pour moi. Ils ne nous ont rien demandé pour cette compilation, ils ont tout simplement utilisé notre chanson. Je connaissais bien Garry Bushell, c’était un Hersham boy, la bande de SHAM 69. Notre but avec les SLAUGHTER, c’était pas d’être un groupe skin ni d’avoir un public skin, c’était de jouer pour un maximum de jeunes, de leur permettre de se défouler et de ne pas déconner à l’extérieur du concert, dans leur vie quotidienne. C’était vraiment bien quand on a commencé, mais, sur la fin, nous avions à peu près 800 skins en train de faire des Sieg Heil, c’était ridicule. D’un autre côté, quand on dit SLAUGHTER & THE DOGS, tout le monde chante "Boot Boys". Cette chanson a été au top 100 en Grande-Bretagne, c’était notre meilleure vente, mais elle a été mal interprétée, on doit faire très attention à ce que l’on dit en Angleterre!".
Novembre 1977 voit la sortie de "Dame To Blame / Johnny T" suivi par "Quick Joey Small / Come On Back" en février 1978 où apparaît le héros de Rossi, Mick Roson.Et, finalement, leur premier album "Do It Dogs Style" sort en mai 78. Il sonnera la fin du groupe: à cause de ses mauvaises ventes, ils se font jeter par leur label et splittent peu après, le chanteur Wayne déménage en France à la recherche de romance. Barrat: "Ken Muffet, notre batteur, et Mike voulaient faire autre chose, alors que, pendant un moment, le bassiste était plus dans le trip Cheap Trick / Pop, pour ma part, je voulais améliorer notre punk rock, si on peut appeler ça du punk. La sagesse musicale, c’était vraiment le "No Future", tout devint commercial, les CLASH changeaient et les PISTOLS c’était fini... Tous faisaient de la "New Wave", à part les DAMNED qui restaient toujours aussi chauds! Je n’aimais pas vraiment la New Wave, ce n’est pas du tout ce que le punk veut dire pour moi: entre 75 et 78, le punk n’était pas un style musical ni un style de vie, c’était le bordel! On pouvait faire exactement ce qu’on voulait, comme les hippies au début des années 70 avec le Flower Power, il y avait aucune limite."
Rabid sort le EP "Live Slaughter Rabid Dogs" enregistré à Manchester’s Belle Vue le 9 juillet 1977, alors que TJM sortait le maxi 4 titres "Slaughter & The Dogs" pendant que Rossi, Base, Muffet et le nouveau guitariste Billy Dufy (ex NOSEBLEEDS, plus tard guitariste de THE CULT) se préparent avec le nouveau chanteur Steven Morrissey (plus tard dans THE SMITH!) à faire une paire de concerts sous la bannière SLAUGHTER & THE DOGS. En mai 79, Rossi, Bates, Duffy et le batteur Phil Rowland (ex EATER) refont surface sous le nom de STUDIO SWEETHEARTS, enregistrent le single "I Believe / It Isn’t Me" pour DJM Records bien que beaucoup (ils voulaient tous les SLAUGHTER) aurait aimé les voir sur leur label, THE SWEETHEARTS s’arrêtèrent seulement deux mois après. Barrat et Muffet se réconcilient et relancent SLAUGHTER & THE DOGS, ils sortent le 45 "You’reReady Now / Runaway" en novembre 1979, mais la présence de Barrat reste temporaire, les autres membres du groupe sont fatigués de ses fréquents séjours en France. Ainsi Ed "Banger" Garrity de NOSEBLEEDS le remplace et fait ses débuts sur "East Side Of Town / One By One" enregistré en février 1980, il apparaît aussi sur le EP "Bite Back" (le groupe faisait actuellement une vidéo pour cet album jamais sorti des caves de la compagnie de disques) et sur "I’m The One / What’s Wrong Boy (Live) / Hell In New York", ils s’arrêtent à nouveau en 81, déçus par le manque de succès commercial. En analysant l’ancienne explosion punk, Wayne pense que cela peut se reproduire dans les années 90 mais dans une autre atmosphère: "Aujourd’hui, nous vivons dans les mêmes merdes disco qu’en 1972 avec les trucs world music qui sont complètement idiots pour moi. Ces gars pissent dans l’eau et c’est complètement stupide. Qui veut ça?. Moi j’aime un groupe avec des vrais instruments, 4 ou 5 mecs qui suent et crient..." Après avoir rompu avec sa femme, l’envie de reprendre s’empare de Wayne malgré l’absence du bassiste Bates et du batteur Grantham. Ainsi après un appel du label Trojan / Receiver qui désirait un nouvel album des SLAUGHTER, Wayne, Mick et un batteur français Noël enregistrent l'alubm, plutôt blues rock, "Shocking" avec une reprise de Garry Moore "Back On The Street".
Puis ils ne se firent plus entendre jusqu’en 1996 où ils furent annoncés au festival "Holidays In The Sun" pour l’anniversaire des 20 ans du punk avec d’autres groupes de la première période du mouvement comme THE DRONES, EATER, THE CARPETTES, SUBURBAN STUDS, SPIZZ ENERGI, etc. La formation se compose de Wayne Barrat au chant, Mick Rossi à la guitare, Nigel Mead à la basse et Noël Kay à la batterie. Leur prestation a été enregistrée sur CD "Live At Blackpool 1996" sur lequel on peut trouver les meilleurs morceaux en live ainsi qu’une vidéo en prime avec une interview de Wayne Barrat qui estime que ce live remet les choses à leur place: "Il n’y a pas de message derrière le nom de SLAUGHTER et notre seul but était et reste de laisser aux personnes qui payent pour venir nous voir de décider si nous sommes bons ou mauvais. Ces 20 dernières années, j’ai tellement entendu et vu de merde qui donnait de nous une image fausse que Mick et moi, nous avons décidé de faire ce concert et de l’enregistrer pour un album afin de rectifier ça. Après avoir vu tous ces anciens et nouveaux punks à Blackpool, je voulais dire: "Je pense qu’il y a un futur dans la musique punk. Si tu écoutes l’album et penses "Eh, j’aimerai faire la même chose, vas-y!". Quand nous avons commencé, on en avait ras-le-bol de la disco, aujourd’hui, c’est la même chose avec la techno. Si tu veux voir un vrai groupe en concert, continue à y aller, ne reste pas assis sur ton cul à regarder l’émission Top of the Tops. Forme un groupe, joue où tu peux et fais survivre cette culture!" Mikes ajoute: "Nous ne savions pas trop ce qu’allait être cette célébration à Blackpool: 20 ans d’une attitude, d’une musique crue. Ça a été une nuit formidable avec une atmosphère vraiment géniale: être réunis sous le même toit avec cette foule stupéfiante et un arsenal de groupes..." Quelques fans dirent: "Ils ont joué comme s’ils avaient fait un concert chaque soir de 77 à maintenant. Les chansons comme "Runaway", "Boston Babies", "Where Have All The Boot Boys Gone" et "Cranked Up Really High" sonnaient toujours aussi fraîches que lorsque leur vieux punk rock rencontrait le style Glam Rock.






Spud
sam 10 jun 2006 10:24